Les consequences de l’abandon de la 7isbah

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Les consequences de l’abandon de la 7isbah

La hisbah, c’est ce qu’on appelle le amr bil ma’ruf et le nahy ‘anil munkar. C’est-à-dire, ordonner le convenable et tout ce qui est reconnu religieusement comme étant le bien et interdir le répréhensible et tout ce qui est reconnu religieusement comme étant le mal. On appelle cela également juger les gens, juger les frères, juger les actions…

C’est un des piliers de l’islam que de pratiquer la hisbah, pilier qui ne souffre d’aucune divergence dans la communauté des gens de la Sunnah. Or depuis toujours, des musulmans ont lutté contre ce pilier, qu’ils n’acceptent ni de pratiquer ni de recevoir de la part de leurs frères et soeurs. Ils se fondent sur tout un tas d’arguments dont nous présentons les cinq plus importants, suivant le plan de la risâlah du Docteur Fadhl Ilâhiy (Chubuhât hawlal amri bil ma’rûfi wan nahyi ‘anil munkar).

1. On doit abandonner la hisbah car cela va à l’encontre du respect des libertés individuelles, un des principes du Qur-ân
2. On doit abandonner la hisbah dans la mesure où l’égarement des égarés n’a pas d’influence sur nous
3. On doit abandonner la hisbah tant qu’on n’est pas parfait dans l’application de l’Islâm
4. On doit abandonner la hisbah pour ne pas tomber dans la fitnah
5. On doit abandonner la hisbah lorsque les gens ne répondent pas à l’appel

Suivent les réponses à ces faux arguments.

1 – On doit abandonner la hisbah car cela va à l’encontre des libertés individuelles, un des principes du Qur-ân

Certaines personnes disent que nous ne devons pas nous mêler des affaires des gens en leur ordonnant de faire ce qu’ils ne veulent pas faire et en leur interdisant ce qu’ils aiment faire car cela contredirait un des principes de l’islâm, la liberté individuelle. Ils n’acceptent pas de faire la hisbah ni même de la recevoir. Ces musulmans s’appuient en effet sur la parole d’Allâh subanahu wa ta3ala contenue dans le verset 256 de la sourate La Vache :

Pas de contrainte en matière de religion[…]

Nous développerons six contre arguments

a/ la liberté individuelle n’est pas un principe applicable chez l’homme

On a envie de demander à ces musulmans où ils ont vu qu’une telle " liberté individuelle " était appliquée. Où en Orient ? Où en Occident ? Qui a jamais prétendu cela ? En réalité, il est toujours demandé à l’homme, où qu’il se trouve, de se soumettre complètement, de s’asujettir à des règles et à une discipline, quelque soit son avis, en toutes circonstances. Permettrait-on à quiconque en Orient ou en Occident de brûler un feu rouge ? Permet-on en Occident à un homme qui a gagné honnêtement son argent et qui possède une terre, de construire une maison comme il le veut, sans qu’il ait à respecter les règles esthétique, d’hygiène et de sécurité que la ville impose en matière de construction ?

b/ le concept islamique de liberté individuelle

La liberté individuelle que l’Islam assure à l’homme est celle qui lui permet de s’affranchir de l’adoration des créatures pour s’adonner à l’adoration du Créateur. On pourra lire dans le verset 29 de la sourate 39, Les Groupes, la magnifique parabole suivante :

Allah a cité comme parabole un homme appartenant à des associés se querellant à son sujet et un [autre] homme appartenant à un seul homme : sont-ils égaux en exemple? Louanges à Allah! Mais la plupart d’entre eux ne savent pas.

Il est ainsi demandé à l’homme de se libérer de sa dépendance à tout autre qu’Allah subanahu wa ta3ala pour devenir un serviteur réellement libre et obéissant, soumis à Allah subanahu wa ta3ala , l’Unique Divinité, le Créateur, Celui qui possède et agence toutes choses. Voila comme Rabi’iy ibn ‘Âmir a répondu au chef militaire perse Rustum : " Allâh nous a fait revivre, Il nous a libéré de l’adoration des créatures pour nous permettre de L’adorer ! "

Donc il est demandé aux croyants de se soumettre complètement à Allâh subanahu wa ta3ala, d’observer scrupuleusement Ses commandements et Ses interdictions, comme le Qur-ân l’affirme dans cet extrait du verset 208 de la sourate 2, La Vache :

Ô les croyants! Entrez en plein dans l’Islam […]

Ibn Kathir Rahimahu Allah interprète ce verset en disant qu’Allah subanahu wa ta3ala ordonne aux croyants qui croient en Lui et suivent Son prophète salla Alayhi wa salam de s’attacher aux comandements de l’Islam, à tous les droits qu’il octroie et à tous les devoirs qu’il impose, d’obeir à tous ses ordres et d’abandonner tout ce qu’il interdit, autant qu’on le peut.

Et Allah subanahu wa ta3ala nous apprend qu’aucun croyant, qu’aucune croyante n’a le moindre marge de maneouvre une fois qu’Allah subanahu wa ta3alaou Son prophète salla Alayhi wa salam ont donné un ordre :

Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident.
Sourate 33, Les Coalisés, verset 36

Allah subanahu wa ta3ala nous a dépeint l’empressement des croyants à obéir à Son prophète salla Allahu alayhi wa salam et à éviter ce qu’il nous a interdit dans le verset 51 de la sourate 24, La Lumière :

La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : "Nous avons entendu et nous avons obéi". Et voilà ceux qui réussissent.
 
On se demande donc quelle est cette prétendue liberté individuelle dont l’Islam aurait fait un de ses grands principes et qui nous empêcherait de montrer aux gens qu’ils sont dans l’erreur et que leurs pratiques ne relèvent pas des commandements de l’Islam.

c/ comment comprendre la parole d’Allâh subanahu wa ta3alaPas de contrainte en matière de religion (verset 256, sourate La Vache)?

Les musulmans qui militent en faveur de cette liberté individuelle ont à l’origine un problème de compréhension de cette parole d’Allah subanahu wa ta3ala. Cette parole ne signifie pas que tous les hommes peuvent faire ce qu’ils ont envie de faire, pratiquer ce qu’ils ont envie de pratiquer et abandonner ce qui les gênent, ni que personne n’a à leur dire d’obeir à Allah subanahu wa ta3ala et de cesser de commettre des péchés. Mais la parole d’Allâh subanahu wa ta3ala signifie – et Allah sait mieux -, comme le démontre Ibn Kathir, qu’Allah interdit de contraindre les gens à entrer dans l’Islam.

Mais même cette interdiction ne concernent pas tous les mécréants et de nombreux exégètes ont affirmé que cette règle ne concernait que les gens du Livre et ceux qui s’apparentent à eux. Mais aux idôlatres arabes et à ceux qui leurs sont apparentés, on ne permet pas de suivre une autre religion que l’Islam.

 
 S’ils n’acceptent pas, ils doivent être combattus. Selon Attabariy également, cet avis est le plus juste. Il ajoute dans son exégèse de ce verset que ce dernier ne concerne que les gens du livre, les mazdéens et tout celui qui pratique une religion autre que l’islam.
 
Ces gens doivent payer une taxe aux musulmans chez qui lesquels ils vivent. C’est cet avis qui est retenu par la majorité des savants car il est notoire que le prophète salla Allahu alayhi wa salam a obligé certains peuples à embrasser l’Islam. Il a même ordonné de les tuer s’ils ne l’acceptaient pas.
 
C’est le cas des idolâtres arabes car comme le rapporte Al Bukhâriy selon ibn ‘Umar Radia Allahu anhu, le prophète salla Allahu alayhi wa salam a dit qu’il est venu " pour combattre les gens tant qu’ils ne témoignent pas que personne ne mérite d’être adoré hormis Allâh subanahu wa ta3ala et que Muhammad salla Allahu alayhi wa salam est Son envoyé, qu’ils ne prient pas et ne sortent pas la Zakât sur leurs biens. Mais s’ils s’acquittent de tout cela, leur sang et leurs bien deviennent sacrés, en dehors des droits que l’Islam a sur eux. Et c’est à Allah de les juger ".

d/ le Qur-ân et la Sunnah rendent obligatoire la hisbah

Ceux qui affirment qu’on doit laisser les gens faire ce qu’ils veulent s’appuient de façon inappropriée sur une petite partie d’un seul verset. Ils laissent de côté de nombreux textes clairs, qui ne laissent pas la place au doute quant à l’obligation de la hisbah dans l’Islam. Pourquoi ces musulmans ne mentionnent même pas ces textes limpides qui rendent obligatoire la hisbah et interdisent formellement de l’abandonner ?

Voici des exemples de tels textes.

Allâh subanahu wa ta3alaa dit : Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdit le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront
Sourate 3, La Famille de ‘Imrân, verset 104

Le prophète salla Allahu alayhi wa salam a dit dans un hadith bon de Ibn Mâjah: []" Ordonnez vite le bien et interdisez le mal avant le jour où, quand bien même vous appelleriez les gens à l’Islam, personne ne vous répondra. "[/i]

On ne peut ignorer également ces paroles du prophète salla llahu alayhi wa salam qui lient directement la foi à la hisbah : " Quiconque voit une mauvaise chose doit la changer avec sa main ; s’il ne le peut, se sera avec sa langue ; s’il ne le peut, alors avec son coeur mais ce sera la foi la plus faible. "

Si l’on rend la hisba indésirable, comment interpréter qu’Allâh subanahu wa ta3ala fait de l’entraide dans la vérité une condition du bonheur :

Sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance
Sourate 103, Le Temps, verset 3

Comment ne pas entendre cette menace terrible qu’Allah subanahu wa ta3ala et Son messager salla Allahu alayhi wa salam promettent à ceux qui délaissent la hisbah ?

Et craignez une calamité qui n’affligera pas exclusivement les injustes d’entre vous. Et sachez qu’Allah est dur en punition.
Sourate 8, Le butin, verset 25

Comment ne pas entendre la malédiction d’Allâh subanahu wa ta3alasur ceux qui délaissent la hisbah ?

Ceux des Enfants d’Israël qui n’avaient pas cru ont été maudits par la bouche de David et de Jésus fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient et transgressaient. Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu’ils faisaient!
Sourate 5, La Table Servie, versets 78-79

Peut-on encore parler d’un principe islamique de liberté individuelle ?

e/ le prophète salla Allahu alayhi wa salam a fait la hisbah

On demandera aux partisans de ce faux argument si le verset pas de contrainte en religion […] leur a été révélé à eux ou s’il a été révélé au meilleur des hommes. Qui connait le mieux l’interprétation de ce verset ? Lui ou eux ? Allâh subanahu wa ta3alaa dit à son prophète salla Allahu alayhi wa salam :

Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent.
Sourate 16, Les Abeilles, verset 44

Dès lors qu’il n’y a pas de doute sur les compétences du prophète salla Allahu alayhi wa salam, voyons comment il a interprété ce verset. A-t-il ordonné la hisbah ou a-t-il ordonné qu’on l’abandonne, sous prétexte que les hommes sont libres et qu’il n’y a pas de contrainte en religion ?

Non, le prophète salla Allahu alayhi wa salam a bel et bien pratiqué la hisbah, chez lui ou dehors, à la mosquée ou au marché, en ville ou en voyage, pendant la guerre ou en temps de paix comme le décrit Allâh subanahu wa ta3ala:

Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises
Sourate Les Limbes, 7, verset 157

Et l’on doit se souvenir que :

En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment.
Sourate Les Coalisés, 33, verset 21

f/le code pénal islamique

Muslim rapporte selon ‘Ubadat ibn Sâmit que le prophète salla Allahu alayhi wa salam a donné la peine pour adultère comme suit : " Pour la fornication entre un vierge et une vierge, ce sera une peine de cent coups de fouet et un exil d’un an ; pour l’adultère entre deux personnes mariés, ce sera cent coups de fouet et la lapidation. "

Si la liberté individuelle était un principe inaliénable de l’islam, ces peines n’auraient pas lieu d’être.

Wallâhu a’lam

Sur le fait d’interdire le blâmable

Exegese du verset 79 de la sourate 5 par Sheikh Abderahman ben Naasser Es-sa3di, tire de l’ouvrage "TAYSSIR AL KARIM AR-RAHMAN FI TAFSSIR KALAM AL MANNAN"

« Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu’ils faisaient ! »

C’est-à-dire :

Ils faisaient le mal et ils ne se l’interdisaient pas entre eux. Ainsi, sont complices de ce mal aussi bien ceux qui en sont les témoins directs (mais muets) que ceux qui reçoivent l’information sur son occurrence sans réagir, en clair tout ceux qui se taisent devant l’accomplissement du mal malgré leur capacité à le blâmer, à le dénoncer.

Et cette attitude traduit le fait qu’ils ne prennent pas au sérieux le commandement d’Allah subanahu wa ta3alaet de ce fait, la désobéissance à Allah leur apparaît légère, bénigne. S’ils considéraient la grandeur d’Allah subanahu wa ta3alacomme il se doit, ils seraient jaloux lorsque Ses interdits sont transgressés et se mettraient en colère pour Lui (ou par amour pour Lui).

Ainsi, le silence devant la réalisation du mal malgré la possibilité de le dénoncer devient une cause du châtiment divin du fait des calamités énormes qui en découlent.

En particulier, on peut noter que :

– Le simple silence devant les mauvais actes est un péché même si l’individu n’est pas le témoin direct. En effet, tout comme il est obligatoire de s’écarter des mauvaises actions, il est obligatoire de blâmer ceux qui les font.

– Ce qui a été avancé plus haut témoigne de la légèreté et le manque d’attention avec lesquels les péchés sont considérés.

– Ceci pousse les pécheurs et les pervers à accomplir encore plus de péchés s’ils ne sont réprimandés pour cela. En conséquence de ceci, le mal grandit, la calamité prend de l’ampleur aussi bien dans les affaires quotidiennes que religieuses. Les pécheurs renforcent alors leur présence dans la vie publique et parallèlement, les gens de bien faiblissent dans leur lutte quotidienne contre les gens mauvais, jusqu’au point où il ne peuvent plus agir comme ils le faisaient auparavant.

– L’abandon du pourchas du répréhensible conduit à la disparition du savoir et à la prédominance de l’ignorance parmi les gens. En effet, le fait que la mauvaise action soit répétée et pratiquée par un grand nombre d’individus, sans que ceci soit dénoncé par les gens du savoir et de la vertu, pousse les gens à penser que cette action n’est pas mauvaise. Et il se peut même que l’ignorant aille jusqu’à considérer que c’est un acte d’adoration approuvé! Et quelle pire calamité que de croire licite ce qui est rendu illicite par Allah ?! Y a-t-il un mal plus grand que l’inversion des valeurs aux yeux des gens et la considération du faux comme vrai ?!

– Le silence devant les mauvaises actions des pécheurs peut conduire à l’embellissement du péché dans le cœur des gens et ainsi, les gens s’influencent les uns les autres de manière néfaste. En effet, l’être humain a cette tendance naturelle à rentrer dans le moule de son entourage, de la communauté dans lequel il vit.

Parce que le silence devant l’accomplissement du mal conduit à tout ceci, Allah le Très Haut a maudit (dans le verset précédent) les mécréants des fils d’Israël du fait de leurs désobéissances et leurs transgressions, et en particulier pour leur abandon de la dénonciation du mal.

—–

Traduit par Abu Dujana Salaheddin

Editions Thabaat – tous droits réservés

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